Cercles

cercles sur le bois

Quand je peux voir la simple forme et la beauté d’une chose, plutôt que le concept qui m’a été inculqué ou mes propres échafaudages mentales, je m’approche un peu de la compréhension de la vraie nature de cette chose, et je deviens conscient qu’elle se trouve exactement à sa place dans l’univers.

Le plan de travail est en chêne brut, seulement huilé de temps en temps. A cet endroit, nous posons le couvercle en fonte de notre théière, quand nous nous servons du thé ; le tanin du bois de chêne réagit alors avec la fonte et le bois devient noir.

Je trouve cela très beau ; le cercle est une forme parfaite, dessinée par le hasard, en fonction d’infiniment de facteurs, comme le taux d’humidité du couvercle ou du bois, de la durée pendant laquelle la fonte se trouve en contact avec le bois, la température du couvercle…
Ainsi, la forme et la noirceur ne sont jamais identiques, et chaque cercle mérite d’être regardé, unitairement et dans l’ensemble des formes.

J’aurais le choix de voir à la place de la beauté des tâches, des saletés ; et de suivre des pensées comme « comment les enlever, comment prévenir leur apparence », et ainsi garder un plan de travail immaculé.
Je pourrais me fâcher en pensant à l’argent que m’a coûté le bois, le temps et l’effort que j’ai investis pour construire le plan de travail – mais dans ce cas, je ne verrais pas les cercles…

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